GenPact, partenaire « intelligent » d’Envision Virgin

Dans le sillage aérodynamique de la victoire de Robin Frijns au Paris E-Prix, votre site préféré, FEonly.fr, a voulu en savoir plus sur le partenariat stratégique entre l’écurie du pilote néerlandais, Envision Virgin Racing, et GenPact, spécialiste mondial de l’intelligence artificielle. Interview express avec son Directeur Scientifique, Armen Kherlopian…

Comment est venue l’idée pour GenPact, qui compte 90.000 salariés dans le monde, de mettre en place un partenariat avec une écurie de Formula E ?

Armen Kherlopian: « Au début, il y a eu une rencontre entre nos équipes et des gens de l’écurie Envision Virgin Racing lors d’un sommet sur l’intelligence artificielle à Londres. Puis l’idée est venue que nous pouvions peut-être appliquer à une écurie de course notre expérience du traitement des données dans nos domaines habituels d’activité: la banque, l’assurance, la production de biens de consommation, les sciences de la vie, etc. Nous aidons nos clients à trouver de la valeur dans des données, c’est notre métier ».

Comment avez-vous choisi Virgin, plutôt qu’une autre écurie ?

« Nous travaillons avec la plupart des membres du club des 1000 plus grandes fortunes du monde, et nous ne sommes pas centrés sur l’automobile en particulier. Mais nous sommes en phase avec le développement de la marque Virgin et son fondateur, Sir Richard Branson. J’aime la course automobile, mais je me considère plutôt comme un amateur. Nous souhaitons apporter notre science des logiciels, et des données, à cette écurie, pour obtenir de meilleures performances en liaison avec le talent des pilotes, des mécaniciens et des ingénieurs ».

Comment a débuté cette collaboration ?

« Nous avons beaucoup appris au début de cette saison, avec la nouvelle monoplace Gen2. Il a fallu adapter les stratégies possibles, à partir des données que nous recueillons, à toutes les nouvelles pièces de la voiture. A la différence de la F1, nous avons des contraintes sur les dépenses, sur le nombre de gens qui peuvent être actifs dans les stands, donc il y a en permanence des choix à faire, pour choisir les données qui sont vraiment utiles. Beaucoup d’ingénieurs dans le paddock ont un gros vécu en informatique, mais je pense que nous sommes les premiers à avoir une implication aussi importante, aussi avancée, dans ce domaine de l’intelligence artificielle, en Formula E ».

Comment est-ce que ça se passe, concrètement ?

« L’un de nos domaines de prédilection, c’est de prévoir le nombre de tours qui vont être disputés pendant la course, puisque seul le temps imparti est fixé (45 minutes + 1 tour). Mais il y a une grosse incertitude qui pèse sur la fiabilité de nos algorithmes, c’est la quantité de drapeaux jaunes ou rouges qui peuvent être agités pendant une course, c’est un défi permanent à relever. Notre modèle scientifique s’appelle « Lap Estimate Optimizer » (LEO), il permet de faire jusqu’à 10.000 simulations de course, avant le départ. Ensuite, il faut en permanence adapter nos algorithmes à ce qui se passe sur la piste, dans la réalité. Puis analyser tout cela après chaque course, pour voir comment ça s’est vraiment passé. Ca s’améliore de course en course… »

La preuve que ça s’améliore, c’est bien que Robin Frijns, en mettant en oeuvre une stratégie parfaite… et en bénéficiant d’un maximum de réussite, a gagné à Paris au terme d’une course complètement dingue. On peut aussi penser que c’est la chance du débutant, mais il y a peut-être eu un peu d’intelligence artificielle dans ce cocktail gagnant, en plus de tout le reste…

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