Buemi: Monaco, pour nous, c’est de la folie !

Le seul (et double) vainqueur du Monaco E-Prix, Sébastien Buemi (en 2015 et 2017), s’est confié en exclusivité vendredi à FEonly.fr, à la veille d’une édition 2019 qui s’annonce palpitante. Il est prêt à faire la passe de trois, dans sa Nissan, sur une piste qu’il apprécie beaucoup…

Sébastien, tu as un avantage psychologique ici à Monaco, où tu es invaincu depuis 2015 ?
« Je n’ai pas un avantage ici, mais ça m’a bien réussi par le passé et j’espère que ça m’aidera à aller dans le bon sens samedi. Une piste comme ça, pour nous, c’est de la folie, car on est habitués à avoir des trous, des sauts, et ici on a l’impression d’être sur une autoroute toute neuve, c’est vraiment un billard… »

Est-ce que les nouvelles monoplaces Gen2 sont plus intéressantes à piloter ?
« Les voitures sont plus puissantes, donc c’est plus agréable pour un pilote: 250 kW (en mode ‘qualif’ ou en Mode Attaque), ça fait une grosse différence, mais on ne passe pas beaucoup plus vite en virage. Ce qui est surtout agréable, c’est de ne pas avoir besoin de changer de voiture à mi-course (grâce à l’autonomie des batteries, ndlr), et donc de ne pas avoir deux voitures à préparer, à gérer… »

Comment expliques-tu ce début de saison raté, alors que tu domines la FE depuis trois saisons ?
« A Paris, je n’ai vraiment pas eu de chance, car j’étais en tête quand quelqu’un m’a touché par derrière et a crevé l’un de mes pneus. Mais il n’y a même pas eu d’enquête après… Depuis le début de cette saison, il y a eu une accumulation de poisse, d’erreurs, de problèmes en course, donc on n’a pas les points qu’on devrait avoir. Mais en termes de performance, si l’on regarde le bilan sur les huit premières courses, je suis le meilleur en qualifications. Ca veut bien dire que nous avons le niveau, alors que je suis 13e du championnat. Je pense que le classement général ne reflète pas la réalité. Si on aligne tous les problèmes… et qu’on les enlève, je suis devant au championnat. Mais il y a beaucoup de pilotes qui peuvent dire la même chose, en Formula E ».

Quel premier bilan peux-tu tirer, aux trois quarts de la Saison 5 ?
« Le changement de voiture, avec l’arrivée du modèle Gen2, ça fait que tout le monde est reparti à zéro, mais ça marche dans les deux sens. Et ce n’est pas forcément un avantage pour les équipes les plus expérimentées. Au niveau sportif, ça devient de plus en plus dur, donc de plus en plus intéressant. Mon ressenti, c’esr que je suis content de faire partie de ça, car quand tu vois l’ampleur que ça prend, personne n’aurait pu le dire il y a cinq ans. Et on ne sait pas encore jusqu’où la Formule E peut aller… »

Y a-t-il une inquiétude par rapport à l’engagement officiel de Porsche et Mercedes l’an prochain ?
« Oui et non, car au bout d’un moment on n’aimerait pas que ça coûte trop cher. Avec Porsche et Mercedes, ça va encore prendre en petit coup de boost, mais on a vu beaucoup de mecs arriver, avec les dents longues, et ils n’ont pas forcément dominé. Il y a encore des domaines dans lesquels on peut beaucoup progresser, sur le software, sur certaines aides, sur la simulation, il y a beaucoup à faire. Mais il y a aussi le fait que les pièces ont été homologuées l’été dernier et qu’on a pas le le droit de les refaire, ou de les développer. Ca limite un peu les budgets ».

Après ce E-Prix de Monaco, Buemi aura encore deux courses de FE à disputer, à Berne et à Berlin, avant de partir à New-York pour la clôture de la saison. Entre temps, il défendra son titre au Mans, car il a remporté les 24 Heures l’n dernier. Comme les grands pilotes du siècle dernier, Seb Buemi est très éclectique… et très performant, dans toutes les conditions.

Crédit Photo: Audrey Corminboeuf (@Audrey_Cormi) pour FEonly.fr

jean eric vergne ds techeetah

DS Techeetah: Lotterer et Vergne veulent rester devant

EL1: Di Grassi ouvre en beauté, devant Bird et Evans !