alejandro agag patron de la Formule E
© LAT/FormulaE

Alejandro Agag, le fils spirituel de Bernie Ecclestone ?

C’est un ancien député européen, plutôt précoce, reconverti en homme d’affaires comblé. Alejandro Agag est-il le fils spirituel de Bernie Ecclestone ?

La Formule Electrique qu’il avait inventée, en 2011, en gribouillant sur un coin de nappe, est devenue un show planétaire qui attire les constructeurs, les partenaires, les sponsors et les grandes marques. Un peu comme quand Bernie Ecclestone a entamé la construction de la F1 moderne, il y a une cinquantaine d’années…

Rien ne prédestinait Alejandro Agag à devenir l’un des hommes forts du sport automobile mondial, lui qui a commencé à se faire connaître dans la politique, notamment comme jeune député européen, élu à moins de 30 ans pour le Parti Populaire de José Maria Aznar, alors Premier ministre espagnol.

Puis il a épousé Mlle Aznar, a arrêté la politique et acheté à Bernie Ecclestone les droits de retransmission de la F1… juste avant que les deux sacres mondiaux de Fernando Alonso, en 2005 et 2006 dans des Renault F1, la rende très populaire en Espagne. Et lui permettent de faire une très bonne affaire.

Aujourd’hui, il est le maître absolu de cette FE dont il a eu l’idée, avant tout le monde, en 2011, à un moment où beaucoup d’experts l’ont pris pour un dangereux allumé. Il ne lui a fallu que trois ans pour organiser le tout premier E-Prix, en septembre 2014 à Pékin,

les débuts de la série ont été un peu agités, voire même totalement rock n’roll, certains observateurs doutant du modèle économique et financier de la FE. Aujourd’hui, le doute n’est plus permis: constructeurs, partenaires et maires de grandes villes se bousculent au portillon d’un championnat à suspense, qui s’est bien installé dans le paysage mondial des sports mécaniques.

« Le championnat de Formule E est plus intéressant que jamais !”, disait Alejandro Agag au début du printemps, en annonçant la prolongation pour trois ans du contrat du E-Prix de Paris, jusqu’en 2022.

“Grâce à la nouvelle monoplace (GEN 2), dont les batteries durent toute la course, et à l’autre grande nouveauté de la Saison 5, le Mode Attaque, il y a un vainqueur différent à chaque course. Je pense donc que nous sommes au meilleur moment de l’histoire de la Formule E. »

« Il nous reste encore de belles perspectives devant nous, puisque Mercedes et Porsche nous rejoignent l’an prochain”, a-t-il ajouté en souriant, car il est en train d’améliorer encore son tableau de chasse.

Une saison 6 qui s’annonce passionante

Les deux géants allemands sont en train de finaliser la préparation de leur engagement officiel à partir de la Saison 6. Mercedes a envoyé en éclaireuse l’écurie HWA Racelab, l’une de ses équipes satellites en DTM.

C’est la nouvelle venue de la Saison 5, avec Stoffel Vandoorne comme pilote de pointe, et le premier podium est arrivé à Rome, dès la 7e course. La monoplace de l’an prochain est déjà prête, baptisée EQ, et l’état-major du groupe Mercedes a déjà donné son feu vert.

Pendant ce temps, Porsche fait souvent rouler sa future FE. Le mois dernier, c’était sur le circuit espagnol d’El Calafat avec deux de ses nombreux pilotes officiels, Neel Jani et Brendon Hartley.

Ca promet, mais comme Alejandro Agag est un visionnaire, il a déjà un autre projet en tête: Extreme E, des courses aux quatre coins de la planète, dans des zones superbes et désertiques menacées par le réchauffement climatique, avec les mêmes partenaires que pour la Formule E: un maître d’oeuvre français pour le SUV 100% électrique qui servira de base technique à toutes les équipes, Spark Technology,  et quelques constructeurs automobiles qui vont, comme en FE, toucher les dividendes d’un investissement raisonnable et d’une communication en trois dimensions: du sport auto, avec des pilotes, des épreuves spéciales, un chronomètre; de la technologie à éprouver dans des conditions extrêmes, si possible;  la défense de l’environnement, car Alejandro Agag aime sa planète.

Ce sera filmé, en permanence, et il y a déjà un navire-amiral, un bateau exceptionnel qui emmènera tout le grand cirque de l’Extreme E, les voitures, les pilotes, les ingénieurs et les mécaniciens, autour du monde pendant plusieurs mois, en 2020, dans la discrétion la plus totale. Ce sera un reality show en pleine nature. Il y aura de belles images, mais il faudra attendre. On les verra plus tard, en 2021…

Daniel Ortelli.

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